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 © Comment tuer son boss ? - New Line Cinema Rat Entertainment 

Depuis quelques mois, nous avons pu voir apparaître sur les réseaux sociaux des comptes dénonçant les pratiques de certaines entreprises. Comment ? Les salariés, ou anciens salariés, prennent la parole et dénoncent les pratiques managériales abusives, voire même les dérives sexistes ou discriminatoires de leur (ancien) employeur. 

Dans une ère de libération de la parole, qu’en est-il de la marque employeur ? Que nous apprend la dénonciation sur les réseaux sociaux ? Mais surtout, comment prendre soin de ses collaborateurs et en attirer de nouveaux ? 

 

> A lire : Comment bien entretenir sa marque employeur ? 

Les réseaux sociaux ouvrent la parole aux salariés

@BalanceTaStartup a ouvert la voie à d’autres : @BalanceTonAgency, @BalanceToncabinet, ou encore @BalanceTonStage. Le mouvement prend de l’ampleur dans de nombreux autres domaines et  beaucoup de salariés ou stagiaires veulent témoigner. 

 

À la base, le compte @BalanceTaStartup relayait les témoignages d’employés de start-up sur Glassdoor . Sa popularité fulgurante a amené sa créatrice à publier les messages de centaines d’employés, anciens employés ou même stagiaires, témoignant de leurs conditions de travail et de leur souffrance qui lui étaient directement envoyés chaque jour. 

 

Depuis, ces comptes suivis par des milliers de personnes ont décidé de libérer la parole, tout en rappelant les règles mais aussi les sanctions qu’encourent les entreprises en cas de pratiques contraires à la loi. L’objectif ? Faire bouger les choses et éveiller les esprits pour que le monde du travail évolue. Permettre aux salariés de s’exprimer, c’est faire prendre conscience des dérives dans le monde professionnel, non seulement pour améliorer le bien-être des salariés mais aussi pour en finir avec le management toxique et contre productif. 

 

Suivant de près les mouvements #MeToo ou encore #Balancetonporc, qui avaient fait le buzz sur les réseaux sociaux, les comptes @BalanceTaStartup et autres déclinaisons s’inscrivent au cœur des débats sur les discriminations. Et ça marche ! Aujourd’hui, les mentalités ont évolué, et la justice se fait aussi sur les réseaux sociaux. La call-out culture, bien qu’elle soit très controversée, permettrait tout de même aux dénonciations d’avoir davantage d’impact. Relayés par des milliers de personnes, les témoignages s’entremêlent et créent ensuite un réel mouvement. 

Les réseaux sociaux rendent plus difficile le contrôle de l’image des entreprises

Les réseaux sociaux, en donnant la parole à chacun, rendent impossible le contrôle total de la communication pour les entreprises. En effet, mieux vaut véhiculer une image qui représente la réalité car, dans le cas contraire, l’image de votre entreprise ainsi que sa culture seront remises en question. 

 

Au sein même d’une organisation, la perception des collaborateurs ne peut pas être contrôlée : il faut alors songer à avoir une réelle ligne de conduite tournée vers eux. Les entreprises ont ainsi pu découvrir, à leur dépens, qu’il ne suffit pas simplement d’affirmer qu’une bonne ambiance règne au sein des locaux et des équipes ou qu’elle est engagée : les candidats restent en veille et vérifient les informations.

Soigner et valoriser sa marque employeur : la prise de conscience

La communication à destination des candidats et des employés n’est plus seulement du ressort de la direction mais est à considérer dans la stratégie globale de communication. En effet, le salarié ou candidat est désormais un média à part entière : il a le pouvoir de s’exprimer de manière virale, très rapidement et auprès d’une plus grande audience grâce aux réseaux sociaux. Et ça, les entreprises ont tout intérêt à le prendre en considération dans leur image employeur.

 

La réputation est fondamentale pour les candidats et les salariés : 95% des candidats se renseignent sur les entreprises avant de postuler à une offre. De plus, 84% des employés envisagent de quitter leur entreprise pour une autre ayant une meilleure réputation. Ces chiffres en disent long sur l’impact et l’importance de la réputation, qui dépend de la manière dont l’entreprise est perçue. Faisant état de cela, la multiplication de témoignages accusatoires relayés à grande échelle peut être désastreuse pour votre image employeur. Vous préoccuper de vos salariés vous sera bénéfique sur tous les points : c’est eux qui prendront ensuite soin de l’image de votre entreprise. 

Des perceptions différentes et propres à chacun

Si les avis négatifs restent cependant inévitables, ils seront forcément nuancés par les avis positifs que d’autres employés pourront apporter. Dans ce cas, il n’y a pas de risque potentiel pour la marque employeur, mais c’est lorsqu’il n’y a presque que des avis négatifs que la réputation et l’entreprise en elle-même courent un danger. Mais alors comment faire ? 

 

L’expérience collaborateur est capitale : c’est en apportant du sens et de l’engagement à vos salariés que vous réussirez à tisser un lien de confiance et une sérénité. Il en va de même pour l’autonomie : plus vous en accorderez à vos employés, et plus ils se sentiront en confiance et trouveront du sens dans leur activité. L’écoute des salariés est également primordiale et il faut veiller à mettre des espaces d’expression en place, comme par exemple un questionnaire anonyme qui vous permettra de recueillir leurs ressentis. D’autre part, un audit, réalisé par une source extérieure et donc neutre, peut-être envisageable pour recueillir les ressentis des collaborateurs. 

L’objectif : que les salariés ne nourrissent pas de frustrations qui nuiraient à leur bien-être et au travail, qu’ils se sentent écoutés et considérés par leur employeur. 

Encourager les initiatives des collaborateurs

Les avis positifs sont également très importants et il ne faut pas oublier de les valoriser. Comme on le sait, les mécontents vont s’exprimer mais la majorité silencieuse est souvent celle des satisfaits. Il faut donc tabler sur cette envie de s’exprimer et encourager à les faire témoigner : sur les réseaux sociaux de l’entreprise, sur Welcome To The Jungle, etc.

 

Les avis positifs permettent en effet de motiver et valoriser les employés, mais aussi l’entreprise, et laissent aux potentiels futurs candidats la possibilité de se faire une idée de la culture de l’entreprise qu’ils convoitent.

 

Les réseaux sociaux peuvent bien évidemment constituer un atout pour l’entreprise : les employés, en tant qu’ambassadeurs, peuvent communiquer sur l’entreprise et vous permettre d’attirer de nouveaux talents. 

 

Comment faire ? Vous pouvez inciter les salariés à parler de l’entreprise ou encore à s’engager dans les publications sur les réseaux sociaux. Il ne faut pas hésiter non plus à récompenser les salariés qui participent à de telles initiatives, de cette manière le mouvement se mettra en place et incitera d’autres à le faire. 

 

Vous pouvez également songer à créer des mini-masterclass afin de coacher vos salariés pour qu’ils puisse promouvoir votre organisation à travers leur profil Linkedin. 

La libération de la parole a permis aux entreprises de prendre encore plus conscience de l’intérêt et de la nécessité de développer leur marque employeur. L’impossibilité de contrôle de la communication face à l’émergence de comptes comme @BalanceTaStartup a contraint les entreprises à repenser leurs méthodes de management. Et si les codes étaient en train de changer ?